Cherche zone blanche désespérément, le film de Marc Khanne

Le réalisateur Marc Khanne a présenté en 2014 son film documentaire consacré aux personnes électro-hypersensibles. “Cherche zone blanche désespérément” est le fruit de trois ans d’enquête, un travail journalistique qui donne la parole aux personnes affectées par les ondes électromagnétiques et qui soulève beaucoup de questions.

Pour quelles raisons en parle-t-on si peu ? “Une personne qui n’est pas touchée ne peut pas comprendre. Si c’est invisible, cela n’existe pas” témoigne un homme souffrant de cette pathologie. Paradoxalement, les technologies de communication ont contribué à exiler ces gens qui ont souvent des difficultés à faire reconnaître leur maladie auprès de leurs proches.

Bien entendu le problème concerne tous les territoires où les technologies sans-fil sont légions, le réalisateur met ainsi le projecteur sur les diverses associations qui militent pour sensibiliser le public à l’électrosensibilité. Des professionnels de santé sont également interrogés et livrent leur éclairage sur un phénomène qui demeure assez méconnu.

“L’homme est bioélectromagnétique, ces champs électromagnétiques qui sont dans l’air constituent une pollution environnementale qui perturbe nos échanges électriques endogènes” rapporte l’un d’entre eux.

Mark Khanne n’a même pas intégré tous les rushs des témoignages des personnes électrosensibles, tellement certains propos semblaient “incroyables”. C’est dire la douleur qu’endure ces hommes et ces femmes qui ont vu leur quotidien bouleversé subitement.

Plus d’infos sur http://www.electrosensible-zone-blanche-ehs-film.com/

Compteur électrique Linky

Karim El Hadj de la rédaction du Monde, explique dans une vidéo sur Facebook la polémique autour des nouveaux compteurs électriques Linky. A 1min30 le journaliste aborde brièvement le sujet des ondes électromagnétiques émises par ce type d’appareil. Une vidéo à découvrir ci-dessous :

Témoignage d’une électrosensible

Nous relayons un nouveau témoignage d’une mère de famille qui vit très difficilement au quotidien l’exposition aux ondes électromagnétiques. Il s’agit plus précisément d’un témoignage d’un conjoint d’une personne électrosensible.

Cette femme s’est intéressée à la littérature scientifique consacrée aux ondes et leurs impacts sanitaires. Elle a notamment parcouru le livre “Ces ondes qui nous entourent” écrit par Martin Blank, un professeur qui a appelé l’OMS à affirmer une position plus stricte à l’encontre des champs électromagnétiques et à encourager “l’application de mesures de précautions et à éduquer le public quant aux risques qu’ils représentent”.

Cette personne électrosensible qui a préféré garder l’anonymat ne s’arrête pas à la lecture consacrée à ces problématiques, elle a aussi adapté son mode de vie à sa sensibilité très prononcée aux ondes. Un technicien s’est rendu à son domicile pour repérer et éliminer les sources émettrices des ondes. Son action a notamment permis de supprimer l’électricité sale, l’interférence de haute fréquence.

Cette mère de famille s’est par ailleurs équipée d’un linge de protection et d’appareils capables de mesurer les niveaux d’émission dans une habitation.

Malgré tout, ce couple a vu son quotidien totalement bouleverser. Ils ne peuvent plus fréquenter tous les lieux où ils aimaient se rendre par le passé. Cette électrosensibilité a également un impact sur leurs relations amicales et celles qu’ils entretiennent avec leur famille. Ils ne peuvent plus se rendre chez leur fille qui vit en centre-ville et doivent demander à leurs amis de débrancher certains appareils qui sont sources importantes d’émissions d’ondes, sous peine de ressentir des malaises physiques ou psychologiques. En parallèle, cette maladie entache aussi les rapports du couple, son conjoint qui ne ressent pas les symptomes a parfois des difficultés à concevoir les problèmes que vit sa femme.

De vrais symptômes mais des causes encore inexpliquées

Comme l’explique le biologiste Yves Le Dréan dans une récente conférence, les symptômes des électrosensibles sont bien présents et les maux de ces personnes bien concrets. En revanche selon Yves Le Dréan, lorsque l’on place en situation « à l’aveugle » une personne électrosensible, c’est à dire quand le patient ne peut pas savoir si des ondes sont actuellement propagées dans la pièce ou non, cette dernière ne démontre pas de réaction en accord avec l’exposition. En d’autres termes la relation entre l’exposition réelle aux ondes et le ressenti des symptômes peine encore à être démontrée cliniquement.

Protéger les salariés des ondes électromagnétiques

Les employeurs auront bientôt l’obligation de respecter de nouvelles mesures destinées à protéger leurs salariés de l’expositions aux ondes électromagnétiques. Il s’agit en fait de la transposition d’une directive européenne qui entrera en vigueur dès le 1er janvier 2017.

Les employeurs seront chargés d’évaluer les risques sur les différentes postes de travail. Les valeurs d’exposition devront apparaître dans le document unique d’évaluation des risques de l’entreprise, qui peut être consulté par chaque salarié sur simple demande.

Si certains espaces sont concernés par des niveaux d’exposition supérieurs à ceux fixés par la nouvelle loi, les entreprises devront informer les personnes susceptibles de s’y trouver ponctuellement ou quotidiennement en introduisant une “signalisation spécifique et appropriée”.

On distingue à la lecture du décret les effets sensoriels, qui peuvent être dépassés temporairement, des effets sur la santé, des seuils qui ne peuvent absolument pas être franchis. Le dépassement du seuil des effets sensoriels oblige l’employeur à “informer le médecin du travail et le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, ou à défaut les délégués du personnel” tout en prouvant “l’absence d’alternative possible” au dépassement des valeurs d’exposition édictées dans la nouvelle loi.

Les employeurs peu précautionneux sont également susceptibles d’être évalués durant l’année. En effet, les inspecteurs du travail auront l’occasion de demander aux entreprises qu’ils contrôlent de réaliser par un organisme accrédité un “contrôle technique des valeurs limites d’exposition aux champs électromagnétiques”.

Les concepteurs de smartphones et tablettes ne recommandent pas leur usage à leurs propres enfants

Les dirigeants des grandes groupes de la Silicon Valley sont les ambassadeurs des nouvelles technologies, mais ils n’encouragent pas pour autant leurs progénitures à les utiliser, loin s’en faut !

Le journaliste Nick Bilton, spécialiste high-tech pour le compte du New York Times a rapporté que Steve Jobs et les autres cadres des firmes multinationales tels qu’Ebay, Yahoo ou Google contrôlaient rigoureusement l’utilisation de la technologie par leurs enfants.
Le créateur de l’iPhone avait par exemple expliqué que ses enfants ne s’étaient jamais servis d’un iPad. Les descendants d’Evan Williams (co-fondateur de la plateforme de micro-blogging Twitter) n’utilisaient pas non plus de tablette tactile. Ces deux dirigeants n’étaient pas des exceptions à en croire Bilton. Certains parents limitent l’accès à ces terminaux seulement le week-end tandis que d’autres permettent à leurs enfants de les utiliser à raison de 30 minutes par jour maximum.

Chris Anderson, qui a travaillé au sein de la rédaction du magazine Wired; avance une raison très claire pour expliquer cette attitude. Selon lui, le fondateur d’Apple “ne voulait pas que ses enfants puissent être confronté à ces problèmes”. Mais de quels problèmes parle-t-il ?

Les parents les plus prudents ne disent pas clairement qu’ils redoutent l’impact sur la santé de l’utilisation précoce des technologies. Mais ils sont nombreux à faire scolariser leurs garçons et leurs filles à la Waldorf School, dont la direction assure que les appareils high-tech représenteraient une menace pour la créativité, le comportement social et la concentration des enfants. Le psychiatre Serge Tisseron recommande quant à lui une progressivité dans l’usage des nouvelles technologies.

Habitez-vous à proximité d’une source de pollution électromagnétique ?

Cartoradio recense les stations radioélectriques implantées sur le territoire français et cette plateforme présente les mesures de champ électromagnétiques émis par les antennes. C’est l’Agence Nationale des Fréquences qui propose cet outil sur son site internet. Chaque utilisateur a accès aux informations concernant les différentes installations. 159 000 installations autorisées recouvraient le territoire en mai 2012 selon l’AFNR et nul doute que ce chiffre a bien évolué entre temps.

On distingue les supports d’installations radioélectriques des installations elles-mêmes qui désignent les équipements d’émission/réception et les antennes associées. De plus, on différencie quatre catégories d’installations émettrices d’ondes :

  • la téléphonie mobile
  • la diffusion de la télévision
  • la diffusion de la radio
  • les autres installations

Plusieurs informations sont livrées au public sur chaque fiche de mesure. On peut notamment découvrir la date et le lieu des mesures ainsi que des indications géographiques relatives à l’emplacement des émetteurs.

Des services supplémentaires sont offerts aux internautes qui s’inscrivent sur la plateforme Cartoradio. Ils ont d’une part la possibilité de gérer leur carte de manière intuitive avec des paramètres mémorisés. D’autre part, ils ont l’opportunité d’exporter au format CSV une partie des informations relatives aux supports et aux mesures.

Les informations sont en outre accessibles via Cartoradio mobile, une application disponible sur Android et iOS.

La Californie impose aux vendeurs de téléphones mobiles d’informer leur clientèle sur le risque des ondes

La ville californienne de Berkeley a adopté une mesure en août 2015 imposant les magasins de téléphonie mobile à informer les consommateurs sur les risques liés à l’utilisation de ces appareils. La loi force les commerçants à indiquer dans leur établissement les risques ou fournir un document à leurs clients expliquant les rayonnements que les mobiles émettent et les recommandations pour utiliser ces appareils en toute sécurité. La loi engage notamment les marchands à informer des risques relatifs aux expositions élevées aux rayonnements lorsqu’on garde son téléphone dans sa poche ou son soutien gorge.

L’OMS a déclaré en 2011 comme potentiellement cancérigène les rayonnements de faible énergie émis par les téléphones mobiles, du fait du lien qui puisse exister entre l’utilisation de ces dispositifs et le développement de tumeurs cérébrales. Cette classification peut sembler inquiétante mais elle met en fait au même niveau de dangerosité ces appareils et la caféine, une substance susceptible d’accroître le risque de cancer. D’autres organisations comme l’American Cancer Society et le Centers for Disease Control and Prevention demeurent plus prudentes et réclament davantage de recherches avant d’émettre des recommandations.

La plus grande étude réalisée à ce jour concernait 14 000 personnes en bonne santé et 7 000 hommes et femmes qui avaient développé une tumeur cérébrale. Les auteurs n’ont pas constaté de lien entre l’utilisation de mobiles et la prévalence du taux de gliome. Ils ont cependant constaté que les individus qui s’étaient servis de leur téléphone pendant au moins 1 640 heures sans kit main libre avait 40% plus de chance de développer ce type de tumeur, mais cette tendance peut s’expliquer selon le Professeur David A. Savitz par des réponses exagérées, de la part de personnes qui recherchent des raisons pour expliquer leur maladie.
Par ailleurs, il précise que ces technologies génèrent des rayonnements non ionisants, qui n’ont pas la faculté de modifier l’ADN.

De nouvelles études sont en cours, à l’image de COSMOS, qui devrait permettre de récolter des données plus précises que celles dont nous disposons aujourd’hui. Le projet Mobi-Kids sera quant à lui intéressant pour évaluer les risques qu’encourent les enfants.